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La coalition a pour mission d'engager le Québec dans une réforme en profondeur de l'exploration et de l'exploitation de ses ressources minérales afin de permettre le développement futur du secteur tout en assurant une protection accrue de l’environnement et de la qualité de vie des citoyens.

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Étude du groupe DIVEX sur les mines d’uranium au Québec : Un portrait rose et tronqué des mines d'uranium au Québec

Communiqué

Québec, jeudi 17 avril 2014. « Un portrait rose et tronqué des mines d’uranium », voilà comment la coalition Québec meilleure mine réagit à l’étude menée par le groupe Diversification en exploration minérale (DIVEX), regroupant des chercheurs et des membres très proches de l’industrie minière au Québec. La coalition déplore que les ministères de l’Environnement et des Ressources naturelles du Québec n’aient pas choisi une équipe d’experts indépendants pour mener cette étude, et que l’équipe regroupe aussi des experts en santé, en épidémiologie, en biologie et d’autres domaines d’expertises utiles à l’analyse de cette industrie. L’étude DIVEX reconnaît tout de même certains des risques et des dangers liés aux mines d’uranium. L’étude a été réalisée en vue du BAPE générique sur les mines d’uranium dont le mandat débute le 20 mai prochain.
 
Des omissions majeures
Le groupe DIVEX n’aborde pas de front l’un des enjeux majeurs des mines d’uranium, soit la gestion à très long terme des milliers de tonnes de résidus miniers toxiques et radioactifs laissés derrière, ni les risques que cela pose pour la santé, la sécurité et l’environnement. L’étude ne fait aucune mention des moratoires déjà existants sur cette industrie en Colombie-Britannique, en Nouvelle-Écosse et dans l’État de Virginie, ni de l’absence d’acceptabilité sociale dans plusieurs régions du Québec (Sept-Îles, Minganie, Laurentides, Cri de la Baie-James, etc.). Des références incontournables sont absentes, notamment le récent rapport de l’Académie des sciences des États-Unis (2011), lequel a mené la Virginie à maintenir son moratoire. L’étude ne fait aucune analyse des récents cas d’accidents et de déversements miniers d’uranium dans le monde, pas plus qu’elle ne fait état des alternatives existantes à l’énergie nucléaire et à la fabrication d’isotopes médicaux à partir de technologies moins risquées et non polluantes (voir ici, ici, ici, ici).
 
Un portrait embelli
Le rapport DIVEX sous-estime le déclin mondial de l’énergie nucléaire, notamment depuis l’accident de Fukushima en 2011. Le prix de l’uranium a chuté de 75% depuis 2007 et de plus de la moitié depuis 2011. Plusieurs pays réduisent ou tournent le dos au nucléaire (Japon, Allemagne, France, Italie, etc.). Le nucléaire fait face à des défis techniques majeurs, coûte de plus en plus cher et fournit actuellement à peine 10% de l’énergie mondiale, en baisse depuis 20 ans (17% en 1993). À l’inverse, les énergies renouvelables augmentent à des taux annuels de 20 à 25%. Le récent rapport du Groupe intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) reconnaît également que le nucléaire fait face à de nombreux problèmes liés à l’ensemble du cycle de vie de l’uranium, de l’extraction minière à la gestion sécuritaire des déchets nucléaires.
 
Contrairement à ce que laisse entendre le groupe DIVEX, le Québec ne compte que 1% des ressources mondiales en uranium, voire 0,25% si l’on ne tient compte que des gîtes évalués selon les normes (pp.68-69 de l’étude). Cela correspond à 1 an de consommation mondiale. Les seuls deux projets avancés répertoriés par le ministère des Ressources naturelles en 2013 sont ceux de Strateco et d’Abitex (secteur Otish), lesquels auraient une durée de vie de 7 ans et fourniraient l’équivalent de 4 mois de consommation mondiale.
 
Le groupe DIVEX
La mission et les objectifs du groupe DIVEX sont notamment de « soutenir la diversification de l’exploration minière au Québec », voire de « favoriser la découverte de nouveaux gisements et d'obtenir des retombées économiques pour le Québec ». Bien qu’inscrit sous l’enceinte de l’Université Laval, le groupe DIVEX compte une quinzaine d’entreprises minières comme membres et partenaires, dont plusieurs dans le secteur de l’uranium. Les trois groupes de recherche derrière l’étude de DIVEX dépendent en partie de fonds ou de partenariats de l’industrie pour poursuivre leur mission. Quatre des principaux chercheurs ont déjà affichés publiquement leur biais favorable à l’industrie minière, de l’uranium ou à celle nucléaire. Certains travaillent ou ont déjà travaillé, comme salariés ou consultants, auprès d’entreprises uranifères et nucléaires.
 
BAPE générique sur les mines d’uranium
Le gouvernement précédent a mandaté le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) pour faire l’évaluation de la filière des mines d’uranium au Québec. Le mandat du BAPE s’étend sur un an, de mai 2014 à mai 2015. L’étude DIVEX a été commandée par le ministère de l’Environnement en 2013 afin de servir d’étude préalable à la consultation. Le BAPE a rendu public hier d’autres références pouvant servir à la consultation. Outre les hyperliens incluent dans ce communiqué, nous invitons également le public à consulter les sites suivants: www.quebecmeilleuremine.org, www.quebecsansuranium.org, www.wise-uranium.org.
 
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Pour informations :
·         Ugo Lapointe, porte-parole, coalition Québec meilleure mine, 514-708-0134
·         Dr. Éric Notebaert, Association canadienne des médecins pour l’environnement, 514-978-6262
·         Dr. Michel Duguay, physicien, professeur à l’Université Laval, 418-802-2740
·         Dr. Gordon Edwards, Réseau pour la surveillance du nucléaire, 514-489-5118
Marc Chénier, Réseau pour la surveillance du nucléaire, 514-527-2712
·        Marc Fafard, groupe citoyens Sept-Îles sans uranium, 418-961-3517
·         Claude Lussier, groupe citoyens Minganie sans uranium, 418-949-2131
·         François Lapierre, Association de protection de l’environnement Hautes-Laurentides, 819-436-0935
·         Ramsey Hart, MiningWatch Canada, 613-298-4745

·         Pierre Jasmin, vice-président, Artistes pour la Paix, jasmin.pierre@uqam