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La coalition a pour mission d'engager le Québec dans une réforme en profondeur de l'exploration et de l'exploitation de ses ressources minérales afin de permettre le développement futur du secteur tout en assurant une protection accrue de l’environnement et de la qualité de vie des citoyens.

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Québec meilleure mine demande au BAPE de rejeter le projet et dépose une plainte au Vérificateur général

Communiqué

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Sept-Îles, mardi 24 septembre 2013. À quelques heures de la reprise des consultations du BAPE sur le projet de Mine Arnaud à Sept-Îles, la coalition Québec meilleure mine annonce qu’elle demandera au BAPE de rejeter le projet Arnaud pour des raisons d’environnement, de santé et de sécurité publique. Québec meilleure mine annonce également qu’elle a porté plainte bureau du Vérificateur général du Québec afin qu’il enquête sur les risques financiers du projet.

 
« Après des mois d’analyses du projet, nous sommes très insatisfaits des évaluations environnementales réalisées à ce jour par Mine Arnaud. Nous déplorons que plusieurs études cruciales à l’évaluation des impacts du projet sur l’eau, sur l’air, sur la santé et sur l’environnement de Sept-Îles soient toujours manquantes ou déficientes. Nous déplorons également qu’aucune étude sur les risques financiers du projet n’ait été rendue publique à ce jour. La population et l’environnement seraient exposés à des impacts et des risques beaucoup trop élevés si le projet allait de l’avant », affirme Ugo Lapointe, porte-parole de la coalition Québec meilleure mine.
 
De l’avis de la coalition, cinq risques et impacts majeurs du projet Mine Arnaud n’ont pas été évalués adéquatement et justifient pleinement le rejet du projet à ce stade :
 
1) Les risques de déversements miniers et de glissements de terrain non évalués. Les immenses haldes de résidus miniers et le méga réservoir d’eau (capacité 1.8 milliard de litres) sont assis sur des argiles sensibles et sont situés en hauteur (50 à 150 mètres) par rapport aux zones habitées, aux infrastructures et à la Baie-de-Sept-Îles. Un déversement ou glissement de terrain pourrait avoir des effets catastrophiques qui n’ont pas été évalués. Nous sommes particulièrement inquiets des risques combinés des argiles sensibles, du poids des digues et structures minières et des ondes de choc liées aux dynamitages et/ou aux tremblements de terre.
 
2) Les impacts sur la Baie-de-Sept-Îles non inclus. La coalition juge inacceptable que l’étude d’impact actuelle exclut la Baie-de-Sept-Îles, alors que le projet est collé sur la Baie, que près de 20 millions de litres d’effluent minier y seraient déversés chaque jour, ce qui représente une charge additionnelle, durant la vie de la mine, d’au moins 3 tonnes d’uranium, 4 tonnes d’arsenic, 52 tonnes de manganèses et de 1500 tonnes d’autres de métaux et autres éléments potentiellement toxiques; sans compter les risques de contamination provenant de l’écoulement des eaux souterraines (non quantifiés), des poussières, ou de déversements accidentels qui pourraient survenir. Cette situation nous apparaît être totalement illogique et tout à fait en contradiction avec les principes les plus élémentaires devant guider toute bonne évaluation environnementale. Cette situation pourrait même être en contraction avec des lois fédérales et/ou provinciales, notamment la Loi canadienne des évaluations environnementales et/ou la Loi québécoise sur l’environnement.
 
3) Les risques et les impacts pour la santé sous-estimés, notamment les risques liés à l’exposition aux poussières, au bruit et aux impacts psycho-sociaux. Mine Arnaud n’applique pas correctement le principe de précaution en matière d’impact sur la santé. Les modélisations utilisées pour les émissions de poussières et pour le bruit sont, au mieux, incorrectes, au pire, faussées et biaisées (non-inclusion des niveaux de pollution de l’air avant la mine; non-inclusion des impacts de la construction du mégamur de 5 km X 40m de hauteur à moins de 500 mètres des plus proches résidences; non-considération des impacts différentiés sur la santé des personnes sensibles ou vulnérables, tels les enfants, les personnes atteintes de maladies chroniques, asthmatiques, etc.). Mine Arnaud sous-estime les impacts globaux sur la santé que peut entraîner une mégamine à proximité de la population.
 
4) Aucune donnée publique sur les risques financiers du projet. La coalition a porté plainte ce matin au bureau du Vérificateur général du Québec afin qu’il enquête sur les risques financiers du projet, inconnus à ce jour. Mine Arnaud, propriété à 62 % d’Investissement Québec, a retiré toutes les données sur les risques financiers du projet dans l’étude de faisabilité déposée récemment au BAPE. Les Québécois-e-s sont tous indirectement actionnaires de Mine Arnaud et ont le droit d’avoir accès aux risques financiers du projet avant qu’une décision soit prise.
 
5) Les risques d’agrandissement du projet, qui rendrait caduques plusieurs des évaluations d’impacts menées à ce jour. Lacoalition est particulièrement inquiète que Mine Arnaud compte agrandir le projet une fois les autorisations émises. Cela aurait pour effet d’accroître les impacts sur l’environnement et les populations. Les lois actuelles ne prévoient, pour le moment, aucun nouvel examen public des impacts.
 
BAPE et mobilisation citoyenne
Face à ces risques majeurs du projet Mine Arnaud, la coalition Québec meilleure mine réitère son appui aux citoyens de Sept-Îles et souligne l’importance de se mobiliser dans les prochaines semaines pour faire entendre leur voix face à ce projet controversé. « Plus de 100 personnes ont déposé un mémoire à ce jour, plus de 400 personnes ont marché à Sept-Îles samedi dernier, plus de 5000 demandent présentement un référendum sur le projet, c’est une mobilisation rarement vue face à projet minier au Québec… dans une région minière, en plus! Bravo aux citoyens qui se mobilisent! », lance Louise Gagnon du Regroupement pour la sauvegarde de la grande Baie-de-Sept-Îles.
 
Tout citoyen ou organisme peut déposer, à tout moment, une lettre ou un court mémoire au BAPE pour émettre son opinion sur le projet (par téléphone au 1-800 463-4732 ou par courriel mine-apatite-sept-iles@bape.gouv.qc.ca; voir le site du BAPE pour autres détails). « Il est important de se faire entendre au BAPE. Chaque voix compte! », de conclure M. Lapointe.
 
Le projet en bref
Si elle voyait le jour, cette mine deviendrait la plus grande mine à ciel ouvert jamais exploitée en milieu habité au Québec, avec une fosse à ciel ouvert de 3,7 km de longueur, 800 m de largeur et 250 m [1] de profondeur (dont 150 m sous le niveau de la mer). Les installations minières seraient situées à 500 mètres des plus proches résidences et de la Baie-de-Sept-Îles (eaux du fleuve) et à 7 km du centre-ville de Sept-Îles. Le projet génèrerait près de 500 millions de tonnes de résidus miniers et de stériles, affecterait l’équivalant de 5000 terrains de football, rejetterait plus de 30 000 tonnes de poussières dans l’air, ainsi que de 20 à 30 millions de litres d’eau contaminée dans les eaux de surface ou souterraines chaque jour. Le projet nécessiterait la construction d’un immense parc à résidus miniers et d’un immense réservoir d’eau de polissage (250 millions de litres, avec une capacité totale de 1,8 milliard de litres), le tout situé en hauteur (50 à 150 mètres) par rapport aux zones habitées, à la Baie-de-Sept-Îles et aux infrastructures publiques (dont la route régionale 138). Le projet génèrerait quelque 300 emplois directs pendant 28 ans. Aucune étude de viabilité économique avec les risques financiers n’est disponible à ce jour.
 

[1] Les dimensions référées dans la récente étude de faisabilité sont plus grandes que celles originalement référées dans l’étude d’impact (SGS Canada, juillet 2013, DA51.1: figures 16-4 et 16-6)
 
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Pour information :
- Ugo Lapointe, coalition Québec meilleure mine, 514-708-0134
- Louise Gagnon, Regroupement pour la sauvegarde de la grande Baie-de-Sept-Îles, 418-968-1247
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La coalition Pour que le Québec ait meilleure mine! a vu le jour au printemps 2008 et est aujourd’hui constituée d’une trentaine d’organismes représentant collectivement plus de 250 000 membres partout au Québec. La coalition s’est donnée pour mission de revoir la façon dont on encadre et développe le secteur minier au Québec, dans le but de promouvoir de meilleures pratiques aux plans social, environnemental et économique. Site :www.quebecmeilleuremine.org.