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La coalition a pour mission d'engager le Québec dans une réforme en profondeur de l'exploration et de l'exploitation de ses ressources minérales afin de permettre le développement futur du secteur tout en assurant une protection accrue de l’environnement et de la qualité de vie des citoyens.

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Les audiences du BAPE sont-elles pipées d’avance ?

Communiqué

Projet de mine d’or géante de la compagnie Osisko en Abitibi

AMHB : église à Malartic

L’examen public par le Bureau d’audiences publiques en environnement (BAPE) du projet de mine d’or à ciel ouvert Osisko, d'une ampleur jamais vue au Québec, est-il pipé d’avance ? L’appui formel ou apparent d’élus locaux et nationaux pour ce projet traduit-il des conclusions déjà écrites et des décisions prises avant même que ne débutent réellement les audiences publiques ? Ce sont les graves questions que soulèvent aujourd’hui les membres de la coalition Pour que le Québec ait meilleure mine! devant une série de faits troublants.

Le déménagement des 200 maisons et 5 institutions de Malartic (plus de 20 % de la ville) rendu nécessaire par le projet est déjà très avancé et n’est pas soumis à l’examen public des impacts. Deux ministres et même le président du BAPE ont rencontré en privé Osisko en plein processus d’examen, au mépris des principes de réserve et d’indépendance les plus élémentaires. Les délais légaux ont été comprimés au minimum et les audiences ne se tiennent qu’à un seul endroit, sans véritable possibilité pour l’ensemble des citoyens de la région et du Québec d’y participer.

Les membres de la Coalition demandent à la ministre du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs, Line Beauchamp, et au président du BAPE de corriger ces importantes anomalies en accordant plus de temps aux citoyens pour participer, en fournissant une aide financière aux organismes qui participeront à l’examen public, et en rendant accessible les audiences de manière interactive via Internet ou par vidéoconférence. Selon Christian Simard, de Nature Québec, « Il y va de la crédibilité du BAPE et du gouvernement en matière de respect des citoyens, de protection de l’environnement et de développement durable de répondre favorablement à ces demandes».
 
Le projet d’Osisko à Malartic propose d’excaver l’une des plus grandes mines d’or à ciel ouvert de l’histoire du Canada, et ce, à 100 m des plus proches résidences. Chaque jour, 25 millions de litres d’eau et 11 tonnes de cyanure de sodium - un composé hautement toxique - serviraient au traitement du minerai. Le projet d’Osisko produirait à lui seul 2 fois plus de résidus miniers que l’ensemble des 12 mines d’or du Québec en opération en 2007. Selon Ugo Lapointe, du Forum de l’Institut des sciences de l’environnement de l’UQAM, « Pour se faire une idée du volume de résidus généré par le projet d’Osisko, on doit imaginer les 560 kilomètres de la route 117 entre Montréal et Malartic ensevelis sous près de 50 m de résidus miniers. Et ce, pour une quantité d’or extrait qui serait à peine plus grande que le volume d’une Smart Car à la fin du projet ».

La réaction des membres de la Coalition fait suite à différents événements récents qui, selon eux, faussent le débat public. Vendredi dernier, les ministres Pierre Corbeil et Serge Simard ont rencontré le promoteur du projet à Malartic, parallèlement au processus d’examen public, contrevenant ainsi aux principes de réserve et d’indépendance les plus élémentaires. Le 28 janvier, le président du BAPE, Pierre Renaud se réunissait, en privé, avec les représentants d’Osisko, une procédure très inhabituelle pour le président d’un quasi tribunal administratif à l’aube d’audiences. « Le préfet de la MRC de la Vallée-de-l’Or, monsieur Fernand Trahan, donnait son appui inconditionnel au projet, sans attendre que les risques et les incertitudes du projet ne soient examinés par le BAPE, faisant ainsi preuve de mépris et d’irrespect envers la population qu’il représente » mentionne Henri Jacob de l’Action boréale Abitibi-Témiscamingue. Les chambres de commerce de Rouyn-Noranda et Val d’Or se lancent dans une campagne de promotion du projet Osisko, en insistant uniquement sur les données économiques. Toujours selon Henri Jacob, «Cette série d’événements a pour but d’escamoter un véritable débat, de créer un climat qui rassure faussement le public envers le projet, indépendamment d’un examen rigoureux des faits par un organisme indépendant. »

L’envergure du projet d’Osisko ainsi que ses conséquences potentielles pour la population et l’environnement sont d’une ampleur encore jamais vue dans le secteur minier québécois. Ce caractère exceptionnel justifie d’autant plus le devoir de réserve et de neutralité qui incombe à nos élus et au gouvernement dans ce dossier, afin de laisser au BAPE le temps de faire son travail et de permettre aux citoyens de s’exprimer dans un contexte le plus libre possible.

PDF - Communiqué : Projet de mine d’or géante de la compagnie Osisko en Abitibi