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La coalition a pour mission d'engager le Québec dans une réforme en profondeur de l'exploration et de l'exploitation de ses ressources minérales afin de permettre le développement futur du secteur tout en assurant une protection accrue de l’environnement et de la qualité de vie des citoyens.

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Consultations sur le projet d’uranium matoush : la CCSN ne considèrera pas l’absence d’acceptabilité sociale du projet

Communiqué
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Montréal, mercredi 6 juin 2012. «La Commission canadienne de sûreté nucléaire (CCSN) ne tiendra pas compte de l’absence d’acceptabilité sociale ni des impacts sociaux qui pourraient en découler lorsque viendra le temps d’émettre un permis pour le projet d’uranium Matoush de la compagnie Strateco », voilà ce qui ressort clairement des propos du président de cette commission, M. Michael Binder, après deux jours d’audiences. Pour Ugo Lapointe de la coalition Québec meilleure mine! « C’est une attitude surprenante et à notre avis complètement inadéquate, contraire aux principes les plus rudimentaires d’une évaluation environnementale moderne; voire même contraire à certaines lois internationales et nationales qui obligent la prise en compte des impacts sociaux des projets ». La Nation Crie de Mistissini, appuyée par le Grand Conseil des Cris du Québec, a clairement fait savoir mardi soir que les Cris feraient « tout en leur pouvoir » pour empêcher la mise en production d’une mine d’uranium sur leurs territoires traditionnels, notamment à cause des impacts sociaux, culturels et environnementaux anticipés.

« Patate chaude » renvoyée au gouvernement du Québec

Ce faisant, la CCSN semble renvoyer au gouvernement du Québec la nécessité de gérer la délicate question de l’absence de l’acceptabilité sociale du projet de Strateco, qui pourrait devenir la première mine d’uranium au Québec. « Mais les propos de M. Binder soulèvent de sérieuses questions quant à la crédibilité et la légitimité même du processus en cours. Que vaudrait un permis émis par la CCSN si celui-ci ne tient pas compte des impacts sociaux ? Pourquoi même tenir des consultations publiques si on ne tient pas compte des préoccupations et des impacts sociaux anticipés? La CCSN, comme organisme fédérale d’évaluation de projet, a-t-elle-même le droit de se débarrasser aussi facilement des impacts sociaux associés aux projets évalués? » se demande Ugo Lapointe.

« On l’a vu ailleurs au Canada et dans le monde, le fait de forcer la mise en place d’un projet minier dans une communauté qui n’en veut pas occasionne généralement des impacts sociaux très négatifs, allant du stress individuel et collectif, à une dégradation globale de la qualité de vie, du tissu social, etc. La CCSN a la responsabilité de protéger la santé des populations. Or la santé ne se limite pas seulement à la santé physique, mais bien aussi à la santé psycho-sociale des individus et des collectivités. Dans ce cas si, il est clair que si la CCSN autorise le projet sans d’abord avoir obtenu un consensus favorable de la part de la population Crie, il risque d’y avoir des impacts sociaux très négatifs » explique Ramsey Hart de MiningWatch Canada.

Obligations constitutionnelles

Les obligations constitutionnelles, telles qu’affirmées dans la Convention de la Baie-James et du Nord-Québec (CBJNQ) avec les nations Cris et Inuit, sont pourtant claires : l’autorisation des projets de développement sur le territoire des Cris doit considérer les impacts sociaux (ch.22 de la convention). Monsieur Hart s’interroge : « En quoi et comment la CCSN, organisme d’autorité fédérale, peut se dégager de telles obligations et évacuer complètement la question de la non-acceptabilité sociale du projet et des impacts sociaux associés ? ». La Déclaration des Nations-unies sur la protection des droits des peuples autochtones, maintenant ratifiées par le gouvernement du Canada, prévoit des obligations similaires.

Rappelons que la compagnie Strateco vise, à terme, l’exploitation d’une mine d’uranium située au pied des Monts Otish, sur le territoire traditionnel des Cris et sur le territoire visé par le Plan Nord. Si elle voyait le jour, la mine de Strateco produirait près de 2 millions de tonnes de résidus miniers radioactifs, en plus de nécessité d’importantes quantités d’eau, d’énergie et d’intrants chimiques pour traiter le minerai. Les présentes audiences publiques visent l’autorisation de l’excavation d’une rampe souterraine d’une longueur de plus 2km pour compléter des études de faisabilité du projet.

La coalition Québec meilleure mine! fera une intervention demain après-midi, lors des audiences de la CCSN à Chibougamau.

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Pour information :

- Ugo Lapointe, Coalition Québec meilleure mine!, 514-708-0134
- Ramsey Hart, MiningWatch Canada, 613-298-4745

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La coalition Pour que le Québec ait meilleure mine ! a vu le jour au printemps 2008 et est aujourd’hui constituée d’une trentaine d’organismes représentant collectivement plus de 250 000 membres partout au Québec. La coalition s’est donnée pour mission de revoir la façon dont on encadre et développe le secteur minier au Québec, notamment dans le but de promouvoir de meilleures pratiques aux plans social et environnemental.

Les membres actuels de la coalition : Action boréale Abitibi-Témiscamingue (ABAT) ? Association canadienne des médecins pour l’environnement (ACME) ? Association de protection de l’environnement des Hautes-Laurentides (APEHL) ? Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA) ? Centrale des syndicats du Québec (CSQ) ? Coalition de l’ouest du Québec contre l’exploitation de l’uranium (COQEU) ? Coalition Stop Uranium de Baie-des-chaleurs ? Comité de vigilance de Malartic ? Écojustice ? Fondation Rivières ? Forum de l’Institut des sciences de l’environnement de l’UQAM ? Groupe de recherche en éducation et formation relatives à l’environnement ? Groupe solidarité justice ? Les AmiEs de la Terre du Québec ? Justice transnational extractive (JUSTE) ? MiningWatch Canada ? Minganie sans uranium ? Mouvement Vert Mauricie ? Nature Québec ? Professionnels de la santé pour la survie mondiale ? Regroupement citoyen pour la sauvegarde de la grande Baie de Sep-Îles ? Regroupement pour la surveillance du nucléaire ? Réseau œcuménique justice et paix (ROJeP) ? Réseau québécois des groupes écologistes (RQGE) ? Sept-Îles sans uranium ? Syndicat de la fonction publique du Québec (SFPQ) ? Société pour la nature et les parcs (SNAP-Québec). Tous nouveaux membres bienvenus. Site Internet: www.quebecmeilleuremine.org